La Champagne que l'on disait "pouilleuse" autrefois - à cause du pouillot, une herbe peuplant les savarts - était une terre où passaient de nombreux troupeaux de moutons.

Les vieux dictons nous le rappellent, à commencer par le plus connu d'entre eux : « 99 moutons et un Champenois font 100… bêtes ». Le miracle agricole qui s'est opéré dans cette région au milieu du XXe siècle a chassé les ovins de la plaine crayeuse au profit des céréales.

Au pays de l'or vert, quelque peu oublié, le mouton n'a toutefois pas totalement disparu. Il a même fait un joli come-back en 1994 quand est apparue l'estampille Agneau de l'Aube ("AA"). Cette marque déposée à l'INPI, s'accompagne d'une charte de qualité bâtie par les éleveurs eux-mêmes, soucieux de redorer le blason d'un mouton que l'on retrouve en bonne place dans les rayons de la grande distribution.

Belle réaction, car aujourd'hui l'Agneau de l'Aube est une viande, rosée et tendre à souhait, très prisée des consommateurs amateurs de produits frais et goûteux. "AA", c'est aussi un gage de traçabilité et d'authenticité.

Les occasions de rencontrer les producteurs, dans leur ferme, au milieu de leurs bêtes, sont nombreuses dans l'Aube.